Article révisé le 17 septembre 2026. Repères pour les newsletters commerciales des PME en Belgique et en France.
Le RGPD s’applique depuis le 25 mai 2018. Pour une PME, la vraie question n’est donc plus de « se préparer », mais de pouvoir expliquer pourquoi chaque contact reçoit une newsletter, d’où vient son adresse et comment il peut s’opposer simplement aux envois.
Newsletter : vérifier le RGPD et le droit d’envoyer l’e-mail
Deux vérifications se cumulent : disposer d’une base juridique pour traiter les données personnelles et respecter les règles propres à l’envoi de publicités par e-mail. Invoquer l’intérêt légitime ne dispense pas du consentement lorsque les règles de prospection l’exigent. Il faut ensuite examiner séparément les éventuels traceurs intégrés au message.
Lorsque vous utilisez le consentement
- Le consentement doit être libre, éclairé, spécifique et donné par une action positive : une case précochée ne suffit pas.
- Le formulaire doit expliquer clairement le type de communications et l’identité de l’expéditeur.
- Vous devez pouvoir prouver quand, comment et sur quelle version du formulaire le consentement a été recueilli.
- Le retrait doit être aussi simple que l’inscription.
La Commission européenne rappelle notamment qu’un consentement valable doit pouvoir être retiré et que cette possibilité doit être expliquée clairement.
Lorsque vous invoquez l’intérêt légitime
L’intérêt légitime peut être pertinent dans certains contextes de marketing direct, mais il exige une analyse documentée : intérêt poursuivi, nécessité du traitement et mise en balance avec les droits de la personne. L’Autorité de protection des données belge insiste aussi sur les attentes raisonnables du destinataire et sur un droit d’opposition visible dès la première communication.
Belgique et France : les différences à connaître
En Belgique, le consentement préalable est le principe pour les e-mails publicitaires. L’exception « client existant » suppose une adresse obtenue directement lors d’une vente ou prestation, des offres analogues fournies par la même entreprise et une opposition simple et gratuite proposée dès la collecte, puis lors des envois.
Une autre exception concerne les adresses impersonnelles de personnes morales, par exemple une adresse de service. Elle ne s’étend pas automatiquement à l’adresse nominative d’un salarié. Le SPF Économie détaille ces conditions et le droit d’opposition.
En France, la prospection auprès de professionnels peut reposer sur l’intérêt légitime si la sollicitation concerne leur profession, avec information et opposition simple et gratuite. Pour les particuliers, le consentement préalable reste le principe, avec notamment l’exception encadrée des clients pour des offres similaires. La fiche de la CNIL sur la prospection électronique précise ces règles.
Pour une campagne transfrontalière, vérifiez les règles applicables à votre situation : une adresse professionnelle n’est pas une autorisation universelle d’envoi.
La preuve : le point souvent oublié
Un fichier Excel contenant une liste d’adresses ne démontre pas la conformité. Pour chaque contact, conservez au minimum la source, la date d’inscription, la base juridique, le formulaire ou le texte présenté, les préférences choisies et l’historique des retraits ou oppositions.
- Ne réimportez pas une personne désabonnée dans une nouvelle liste active.
- Conservez une liste d’opposition limitée aux données nécessaires pour empêcher une réinscription accidentelle, avec un accès restreint et une durée justifiée.
- Définissez une durée de conservation et supprimez les données devenues inutiles.
- Documentez les imports manuels et les synchronisations avec le CRM.
Un désabonnement réellement simple
Chaque newsletter doit identifier son expéditeur et proposer un lien de désabonnement visible et fonctionnel. Il doit être possible de se désabonner sans créer un compte, fournir un motif obligatoire ou multiplier les échanges. Dès qu’une opposition au marketing direct est exercée, cessez le traitement à cette fin et excluez le contact des prochains envois.
Pixels de suivi : recevoir un e-mail n’autorise pas tout
Un pixel est une petite image distante qui permet de détecter l’ouverture d’un e-mail. Le droit d’envoyer la newsletter ne suffit pas à autoriser ce suivi. La recommandation publiée par la CNIL le 14 avril 2026 distingue les traceurs soumis au consentement et les exemptions encadrées. Ce point concerne aussi les expéditeurs belges qui suivent des utilisateurs situés en France.
Pour les traceurs soumis au consentement, expliquez leurs finalités et organisez un choix valable, ainsi que son retrait. Des exceptions existent notamment pour certaines fonctions de délivrabilité ou de sécurité, sous conditions strictes : un pixel ne devient pas exempté simplement parce que l’outil le présente comme une statistique.
La FAQ de la CNIL du 22 juillet 2026 précise le régime transitoire des adresses collectées avant le 14 avril 2026 : information claire, possibilité d’opposition et délai en principe de trois mois. À défaut d’information avant le 14 juillet, le consentement est en principe requis, sauf prolongation raisonnable justifiée et documentée. L’ancienneté de la liste ne suffit donc pas.
Le refus du suivi et le désabonnement doivent être gérés selon les finalités annoncées. La CNIL admet certains consentements communs pour des finalités connexes, notamment une newsletter expressément personnalisée ; ce n’est pas une autorisation de tout regrouper. Les liens suivis pour mesurer les clics demandent aussi une analyse, même s’ils ne sont pas directement couverts par cette recommandation.
Comment organiser cela dans Zoho Campaigns
Zoho Campaigns permet de gérer les listes, les formulaires d’inscription, les préférences et les désabonnements. Reliez chaque formulaire à une finalité précise et évitez les imports sans source documentée. Le double opt-in ajoute une confirmation par e-mail : il aide à vérifier l’adresse et à documenter l’inscription, mais ne remplace pas une information claire.
- Créer des listes ou segments correspondant à des finalités compréhensibles.
- Synchroniser avec Zoho CRM uniquement les champs réellement nécessaires.
- Conserver la source et la date d’acquisition dans des champs dédiés.
- Tester le lien de désabonnement avant chaque campagne.
- Limiter les droits d’export et d’administration.
Vérifier le suivi des ouvertures dans Campaigns
Zoho documente la désactivation du suivi des ouvertures au niveau de l’organisation ou d’une campagne. Dans les paramètres de suivi, l’option Do not track permet d’envoyer les nouveaux messages sans pixel d’ouverture. Vérifiez les libellés disponibles dans votre interface.
Si vous désactivez ce suivi, les taux d’ouverture et les automatisations, segments ou scores qui en dépendent ne seront plus alimentés par de nouvelles ouvertures. Revoyez ces scénarios avant l’envoi. Ce réglage ne règle pas à lui seul la question des liens suivis, des données historiques ou du retrait concernant les anciens messages.
Et dans Zoho Marketing Automation ?
Les parcours automatisés de Zoho Marketing Automation peuvent déclencher des actions selon le comportement des contacts. Documentez les conditions d’entrée et de sortie, expliquez le profilage lorsqu’il existe et vérifiez que les préférences sont respectées à chaque étape. Commencez par un scénario simple et testé ; changer d’outil ne corrige pas une liste mal documentée.
Trois situations concrètes
Ces exemples sont illustratifs ; ils ne décrivent pas des résultats clients.
- Un nouvel abonné. Il demande votre newsletter sur un formulaire clair. Conservez le texte accepté, la date et la source. Si vous mesurez ses ouvertures, vérifiez aussi le régime du pixel et le choix à proposer.
- Un client existant en Belgique. Avant de lui envoyer une offre analogue, contrôlez les conditions de l’exception décrite plus haut et l’absence d’opposition. Sa présence dans votre facturation ne suffit pas.
- Un contact importé du CRM. Une fiche créée après un échange commercial ne prouve pas l’accord à recevoir une newsletter. Vérifiez la provenance et le fondement de l’envoi avant de l’inclure dans une campagne ; une synchronisation ne crée aucune autorisation.
Checklist avant le prochain envoi
- La base juridique RGPD et le droit d’envoyer l’e-mail publicitaire sont vérifiés pour chaque segment.
- La provenance des contacts peut être démontrée.
- Les mentions du formulaire correspondent aux campagnes envoyées et les pixels ou autres traceurs ont été examinés séparément.
- Le désabonnement fonctionne et alimente automatiquement la liste de suppression.
- Les synchronisations CRM, Campaigns et Marketing Automation ne réactivent pas les opposants.
- La politique de confidentialité décrit les finalités, destinataires, durées et droits ; les réglages de suivi et leurs effets sur les automatisations ont été testés.
Cet article présente des bonnes pratiques opérationnelles générales. Il ne constitue pas un avis juridique. Pour une campagne sensible, une base achetée, du profilage ou des données particulières, faites valider le dispositif par votre conseil juridique ou votre délégué à la protection des données.
Amadeus Concept
Amadeus Concept peut vous aider à vérifier les formulaires, imports, synchronisations et réglages de suivi, puis à documenter une procédure que votre équipe pourra reprendre en main.
